Le 11 janvier 2003
Message du président du conseil d’administration et du président et chef de la direction
Imaginez que vous tentiez de faire le tour du globe sans boussole. Ou encore que
vous tentiez de comprendre le fonctionnement d’une cellule sans microscope, ou des
figures stellaires sans télescope. Imaginez que vous tentiez de construire une maison
sans marteau, ni clous, ni niveau.
La cartographie du génome humain – et celle d’autres organismes – a
fait naître d’incroyables possibilités de modifier notre façon de traiter la maladie,
de cultiver les aliments, de protéger nos forêts, de voir l’environnement, de comprendre
la vie ou d’imaginer l’avenir. Pour réaliser pleinement le potentiel de la génomique,
il nous faut toutefois mettre au point les outils qui rendront les découvertes possibles.
Pour mettre à jour la structure des protéines produites par nos gènes, par exemple,
il faudra de nouveaux types de technologies. Le criblage des gènes qui causent la
maladie nécessitera de nouveaux instruments de diagnostic.
Chez Génome Canada, nous investissons aujourd’hui dans les outils qui façonneront
l’avenir. Grâce au financement obtenu dans le budget fédéral de 2003, le conseil
d’administration de Génome Canada a lancé le concours de recherche en génomique
et protéomique appliquée en santé humaine, qui vise précisément à concevoir des
outils qui feront du système de santé canadien un système d’avant-garde au cours
des années à venir. Ces outils combleront l’écart entre la recherche et la pratique
dans les hôpitaux et les centres de santé communautaires. Ces outils offriront des
avantages concrets à votre famille.
De nouveaux outils pour une nouvelle ère : un exemple parmi d’autres des avantages
que nous pouvons tirer de la génomique au profit de la population canadienne.
Faire de la recherche de calibre mondial en génomique et protéomique ne se limite
pas à la mise au point de nouveaux outils : il faut aussi créer de nouveaux
réseaux, mettre nos meilleurs chercheurs en rapport avec les meilleurs chercheurs
du monde. Cela veut aussi dire inviter le reste du monde à se joindre à nous et
jouer ainsi un rôle de chef de file. Au cours de la dernière année, Génome Canada
s’est employé à atteindre ces objectifs en créant de nouveaux partenariats internationaux
importants.
Ainsi, en octobre 2002, nous avons annoncé l’Initiative Consortium international
(ICI) qui financera des projets prestigieux auxquels participeront des chercheurs
d’autres pays. Ces projets, dirigés par des Canadiens, seront de grande envergure
– au moins 50 millions de dollars pendant trois ans – et maintiendront
le Canada à l’avant-plan de la recherche internationale en génomique et protéomique.
L’ICI a donné lieu à l’approbation du plus important projet international de recherche
en santé jamais financé au Canada. En collaboration avec le Fonds d’encouragement
à la recherche-développement et le Fonds d’innovation de l’Ontario, Génome Canada
s’est associé aux Instituts de recherche en santé du Canada dans un partenariat
avec le Wellcome Trust du Royaume-Uni et la société pharmaceutique GlaxoSmithKline.
Ce projet de 95 millions de dollars permettra de connaître la structure de centaines
de protéines jugées importantes pour la santé humaine.
Nous avons aussi conclu d’importants nouveaux protocoles d’entente avec Génome Espagne,
l’initiative de génomique de la Hollande, ainsi qu’avec le ministère de la Science,
de la Technologie et de l’Innovation du Danemark. Ces ententes jettent les bases
de nouveaux projets d’envergure et aideront à mettre en place la masse critique
nécessaire à la recherche à grande échelle en génomique et protéomique.
De plus, en vertu du protocole d’entente actuel entre Génome Canada et la Suède,
le Forestry Genomics Group de l’Université de la Colombie-Britannique et le Consortium
suédois de génomique fonctionnelle des arbres ont convenu de mettre en commun leurs
données de séquençage sur le peuplier. Cette base de données combinées permettra
de mieux comprendre comment protéger et maximiser la valeur de nos forêts.
En février dernier, le Premier ministre de la Suède est venu au Canada en témoin
du premier échange officiel de données entre ces deux chefs de file mondiaux de
la génomique forestière.
Au cours de la dernière année, Génome Canada s’est également joint au projet international
HapMap, consortium américain international de 100 millions de dollars US qui met
à profit des fonds publics et privés pour accélérer la découverte des gènes liés
à des maladies courantes comme l’asthme, le cancer, le diabète et les cardiopathies.
Les Canadiens jouent un rôle important dans ce projet par la cartographie des différences
génétiques entre les humains. Le financement public proviendra de Génome Canada,
de Génome Québec, du Japon, de la Chine, des États-Unis et du Royaume-Uni. Vous
trouverez de plus amples détails sur ces projets internationaux dans les pages suivantes
du présent Rapport annuel.
Génome Canada s’est donné comme objectif un haut niveau d’excellence scientifique
et il s’est distingué à cet égard. Notre éminent comité international d’évaluation,
composé de chercheurs de renommée mondiale, examine les projets de recherche proposés
afin de s’assurer que les meilleurs soient sélectionés – des projets qui feront
avancer la connaissance et élargiront nos horizons.
Un grand nombre de nos premiers projets sont arrivés cette année à mi-parcours et
le temps était venu d’évaluer leurs progrès et de s’assurer de leur pertinence.
À cette fin, nous avons créé un processus international d’évaluation provisoire,
effectué en notre nom par certains des chercheurs les plus illustres du monde. Cette
évaluation servira à la fois à maintenir le cap et à nous assurer que ces projets
représentent le meilleur investissement possible des deniers publics.
Génome Canada continue de prendre très au sérieux la responsabilité qui lui a été
confiée d’établir un cadre éthique dans lequel les découvertes scientifiques pourront
être comprises et concrétisées.
La génomique peut nous aider à mieux comprendre nos organismes et notre monde, mais
elle ne peut pas nous donner la sagesse qui nous permettra de composer avec ces
nouvelles connaissances.
Elle peut nous donner une information précise, mais pas de vérités éthiques. Pour
ce, il nous faut la participation d’experts en éthique, en environnement, en économie
et en droit.
Depuis ses tous débuts, Génome Canada a parrainé des études sur ces divers enjeux
et l’an dernier, nous avons organisé le premier symposium international sur ces
questions de nature plus générale.
Plus de 200 philosophes, avocats, anthropologues, sociologues, politicologues, économistes
et généticiens ont débattu des nombreuses questions difficiles que soulève la recherche
en génomique et protéomique. Vous trouverez un résumé de ce symposium dans le cédérom
joint au présent Rapport annuel.
Nous avons aussi, au cours de l’année, lancé un important projet de sensibilisation
et d’éducation, soit Le génie! du génome, une exposition novatrice et multidimensionnelle
qui a officiellement été inaugurée par le Premier ministre du Canada au Musée canadien
de la nature au printemps dernier. Cette exposition interactive exceptionnelle demeurera
au Musée jusqu’en septembre 2003. Elle entamera ensuite une tournée et s’arrêtera
dans neuf villes canadiennes.
Grâce à cette exposition, les Canadiennes et les Canadiens en sauront plus sur la
structure de l’ADN, le rôle des gènes et des protéines et ils auront un aperçu du
rôle considérable que joue le Canada dans la révolution de la génomique. La section
« sensibiliser » du présent Rapport donne plus de détails sur cette initiative
exceptionnelle.
En ce qui concerne l’avenir, les deux prochaines années seront cruciales pour Génome
Canada et la recherche en génomique et protéomique, ici au Canada. L’entente originale
de financement conclue avec le gouvernement fédéral viendra à échéance le 1er
avril 2005. Génome Canada travaille avec acharnement à la préparation de son plan
d’activités et à la présentation de sa vision qui fera fond sur la force d’impulsion
imprimée au cours des trois dernières années.
Pendant cette brève période, le Canada s’est imposé sur la scène mondiale et s’est
taillé une place très respectée dans la recherche en génomique et protéomique. Nous
avons, en tant que pays, reconnu le changement transformateur que la génomique et
la protéomique engendreront et nous avons choisi de nous placer en premier plan.
Nous connaissons un excellent début, mais ce n’est qu’un début. D’immenses possibilités
passionnantes s’offrent à nous et il nous appartient de les saisir dès maintenant.
Henry Friesen,
Président du conseil d’administration
Martin Godbout,
Président et chef de la direction
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