Le 29 octobre 2003 – HOUSE OF COMMONS

Déclaration de M. Martin Godbout, président et chef de la direction, au comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires de la chambre des communes


Merci, Monsieur le Président.

Merci à vous aussi, mesdames et messieurs membres du Comité, de nous donner cette occasion de témoigner aujourd’hui devant vous.

Comme vous le savez, le gouvernement a annoncé son intention de créer Génome Canada dans son Budget de l’an 2000. Il nous a confié le mandat d’élaborer – et de mettre en oeuvre – une stratégie nationale de recherche en génomique et en protéomique au profit de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens et de devenir un chef de file mondial dans des secteurs industriels importants comme la santé, l’agriculture, les pêches, la foresterie et l’environnement.

Le gouvernement du Canada a considéré que la génomique et la protéomique offraient d’immenses possibilités de mieux connaître les fondements mêmes de la vie et de contribuer à faire du Canada un chef de file dans ce domaine qui, de l’avis de beaucoup d’experts, transformera véritablement l’économie mondiale.

Monsieur le Président, Génome Canada est régi par une entente de financement conditionnel que nous avons conclue avec le Gouvernement du Canada en 2000, et modifiée cette année pour y inclure les nouvelles mesures d’imputabilité décrites dans le budget de 2003. Ces mesures comprennent entre autres des dispositions quant à des vérifications de notre conformité aux exigences contractuelle, la présentation annuelle de plans d'entreprise, des clauses d'inexécution, et le retour possible des fonds inutilisés en cas de liquidation.

Pour exécuter son mandat, Génome Canada s’est engagé contractuellement à :

  1. rassembler l’ensemble des chercheurs provenant de l’industrie, des laboratoires gouvernementaux, des universités et des centres de recherche hospitaliers derrière une stratégie nationale de recherche en génomique et en protéomique;

  2. créer cinq centres régionaux de génomique et de protéomique au Canada, afin que chaque région du pays puisse tirer profit des investissements;

  3. appuyer des projets de recherche à grande échelle en génomique et en protéomique dont l’envergure est telle qu’ils ne peuvent être financés à un niveau concurrentiel sur le plan national et international par l’entremise des mécanismes actuellement en vigueur au Canada;

  4. mettre en place une infrastructure de recherche qui appuiera les principales plates-formes scientifiques et technologiques indispensables à la réalisation des projets à grande échelle;

  5. assurer le leadership dans les discussions entourant les enjeux éthiques, environnementaux, économiques, légaux et l’impact de la recherche en génomique et en protéomique sur la société;

  6. faire connaître au public les résultats de la recherche en génomique et en protéomique et participer à son éducation et à sa sensibilisation;

  7. favoriser la participation du Canada aux grands programmes internationaux de recherche en génomique et en protéomique;

  8. encourager d’autres intervenants à investir avec Génome Canada dans la recherche en génomique et protéomique; et finalement à

  9. créer et générer des avantages économiques, industriels et sociaux importants pour le Canada.

Monsieur le Président, je suis heureux de vous informer cet après-midi que Génome Canada a tenu tous ces engagements.

En moins de trois ans, le Canada s’est taillé une place importante sur la scène internationale et il a développé la capacité de recherche nécessaire qui lui permettra de mener à terme les découvertes futures. Les chercheurs canadiens, qui ont été les premiers du monde à effectuer le séquençage du virus du SRAS à l’aide de la technologie financée par Génome Canada, en sont un exemple probant.

Sur le plan opérationnel, nous nous employons à être des administrateurs diligents des fonds publics; à garantir les niveaux les plus élevés d’imputabilité et de transparence. Plus encore, nous nous employons à le faire dans tous les aspects de nos activités : depuis la sélection des projets de recherche jusqu’à leur gestion courante, en passant par l’évaluation des résultats de recherche et notre gouvernance à l’interne. Permettez-moi de vous décrire brièvement chacun de ces aspects.

Nous avons organisé jusqu’à maintenant deux concours et un troisième est actuellement en cours. Ce dernier a trait à des projets de recherche appliquée en santé humaine.

Le processus que nous avons mis en place pour sélectionner les projets est à la fois exhaustif et très rigoureux. Les projets proposés doivent être d’abord approuvés par les conseils d’administration respectifs des centres régionaux et par la suite ces derniers sont soumis à Génome Canada pour évaluation. Un comité d’experts indépendants exerce un examen approfondi des budgets, des sources de financement et des équipes de gestion des projets.

Par la suite, un comité international d’experts procède à un examen des projets proposés et fait une recommandation au Conseil d’administration de Génome Canada, basée sur la qualité du volet scientifique. Ce dernier approuve la sélection finale.

Les projets sélectionnés sont annoncés publiquement en collaboration avec chaque centre régional respectif. Des ententes de financement sont alors négociées entre Génome Canada et chacun des centres de génomique régionaux quant aux cédules de déboursement des fonds, et chacun des centres procèdent aussi à la négociation d’ententes avec les institutions hôtes des projets de recherche.

Lorsqu’un projet a été approuvé, ce dernier fait l’objet d’une surveillance attentive et d’une étroite gestion. Les centres régionaux exigent des rapports scientifiques d’étape et des rapports financiers trimestriels sont transmis à Génome Canada. De plus, nous effectuons régulièrement des visites sur place et tenons des conférences téléphoniques avec les centres régionaux pour surveiller l’évolution et la gestion des projets.

À mi-parcours d’un projet, soit après 18 mois, un autre examen scientifique international est effectué par un comité composé de représentants d’institutions de recherche reconnues comme Oxford, Harvard, l’Institut Pasteur et bien d’autres, cela afin d’obtenir une évaluation détaillée des progrès réalisés. Si les progrès correspondent aux attentes, le financement est maintenu. Si, par ailleurs, un projet n’atteint pas ses objectifs, des mesures correctives sont prises et le financement peut être réduit ou tout simplement annulé.

Les déboursés trimestriels des fonds sont l’un des outils de gestion que nous avons intégrés à nos modalités de financement. Cette protection nous permet d’exercer un contrôle très rigoureux de la gestion et de la distribution des fonds.

En ce qui concerne maintenant notre gouvernance à l’interne, le conseil d’administration de Génome Canada se compose de personnalités indépendantes reconnues et expérimentées provenant de la communauté scientifique, des universités, des conseils subventionnaires fédéraux, des secteurs de la biotechnologie et des sociétés de capital de risque. Le sous-ministre de l’Industrie, ou le représentant qu’il a désigné, assiste également aux réunions du conseil d’administration en tant qu’observateur. Génome Canada bénéficie également des conseils d’un comité consultatif scientifique et industriel.

Tous les membres de notre conseil d’administration et du comité consultatif sont présentés dans notre Rapport annuel.

Le rendement organisationnel de Génome Canada est évalué en fonction du Cadre de gestion et de responsabilisation axés sur les résultats (ou CGRR) du Conseil du Trésor qui est, comme vous le savez, extrêmement rigoureux et complet. Les résultats de cette évaluation seront présentés au ministre responsable de l’entente de financement et rendus publics ultérieurement.

Pour nous assurer encore davantage de l’excellence sur le plan opérationnel, nous avons élaboré un manuel de gouvernance d’entreprise qui aborde tous les aspects de Génome Canada, depuis les pratiques internes à notre organisation et les règles s’appliquant aux membres de notre conseil d’administration, jusqu’aux responsabilités des administrateurs, en passant par nos politiques de fonctionnement et la gestion financière.

Génome Canada et chacun des cinq centres régionaux utilisent la méthode de comptabilité d’exercice, préparent des états financiers trimestriels qui sont présentés à un comité de vérification composé d’experts financiers et approuvés par notre Conseil d’administration. Nous nous soumettons aussi à une vérification externe annuelle.

Et comme vous le savez, nous présentons un rapport annuel au ministre de l’Industrie et ce rapport est déposé à la Chambre des communes. Pour s’assurer de la transparence et de la reddition des comptes auprès du grand public, le rapport est rédigé dans un style clair et compréhensible et distribué à plus de 5 000 personnes, dont tous les députés et sénateurs. Il se trouve d’ailleurs, tous comme tous nos autres documents, dans le site Web de Génome Canada (www.genomecanada.ca).

Examinons maintenant les sommes reçues et engagées par Génome Canada.

Les premiers 300 millions de dollars reçus par Génome Canada ont tous été investis dans 57 projets de recherche à grande échelle tant dans les universités, que les compagnies de biotechnologie, que les laboratoires gouvernementaux, et cela d’un bout à l’autre du pays, soit onze en Colombie-Britannique, six dans les Prairies, dix-huit en Ontario, seize au Québec, cinq dans les provinces de l’Atlantique et un grand consortium international. Comme nous l’avons dit précédemment, les fonds sont versés trimestriellement. Nous avons ainsi, jusqu’à maintenant, distribué plus de 171 millions de dollars et le solde restant sera investi d’ici la fin de mars 2005.

En vertu de l’entente de financement conditionnel conclue avec Industrie Canada, Génome Canada devait réunir 320 millions de dollars additionnels auprès d’autres partenaires. Nous sommes heureux d’informer aujourd’hui le Comité que nous avons en fait réuni au cours de nos trois années et demi d’existence plus de 320 millions de dollars provenant des gouvernements provinciaux, d’organismes internationaux, de compagnies de biotechnologie canadiennes et américaines et de fondations sans but lucratif. A ce rythme, nous prévoyons atteindre plus de 400 millions de dollars d’ici mars 2005.

Il convient également de remarquer que les 75 millions de dollars obtenus par Génome Canada dans le dernier budget fédéral seront presque tous engagés d’ici la fin du présent exercice financier, lorsque le concours actuel en recherche en génomique et en protéomique appliquée en santé humaine sera terminé.

Monsieur le Président, nous croyons, à Génome Canada, que chacun des dollars que nous recevons du gouvernement fédéral est investi à bon escient, géré avec diligence et clairement comptabilisé. Les mesures de gouvernance que nous avons instaurées garantissent l’atteinte de ces objectifs.

Je vous remercie de nouveau de l’occasion qui nous a été donnée aujourd’hui de témoigner, et je serai heureux de répondre à vos questions.


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