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COVID-19 de longue durée : état des connaissances

Jeudi 1 avril 2021

L’initiative HostSeq de RCanGéCO, dont l’objectif est de procéder au séquençage des génomes de plus de 10 000 patients atteints de la COVID-19, compte parmi les initiatives canadiennes phares qui offriront des informations clés sur les effets à long terme de cette maladie débilitante et les façons de la gérer.

Pendant que la lutte se poursuit pour réduire au minimum le nombre de nouvelles infections à la COVID-19, des professionnels de la santé et des chercheurs se penchent sur les effets à long terme de cette maladie débilitante et tentent de comprendre pourquoi certaines personnes ressentent des symptômes persistants. De multiples études démontrent que des facteurs spécifiques aux personnes ayant contracté la COVID-19 (les « hôtes ») comptent parmi les principales variables dans la manifestation de la maladie, allant d’une absence de symptômes ou d’un léger inconfort à une affection grave, voire mortelle. Le terme « COVID-19 de longue durée » a été inventé pour décrire l’expérience des personnes aux prises avec des symptômes persistants de la COVID-19.

Que savons-nous de la COVID-19 de longue durée?

Des chercheurs du King’s College London ont découvert qu’environ 10 % des personnes de 18 à 49 ans atteintes de la COVID-19 sont touchées par la forme longue de la maladie. Ce pourcentage passe à 22 % chez les aînés de plus de 70 ans. Bien qu’il n’y ait aucun symptôme précis associé à la COVID-19 de longue durée, les personnes atteintes éprouvent généralement de la fatigue extrême, après la disparition d’autres symptômes cliniquement déterminés. Un essoufflement, une toux persistante, des douleurs et courbatures, des maux de tête ainsi qu’une atteinte au cœur, aux poumons et aux reins comptent parmi les autres symptômes. La British Society for Immunology offre un excellent résumé de l’état des connaissances et de ce qui reste à découvrir sur les séquelles immunologiques en lien avec la COVID-19 de longue durée.

Que savons-nous des causes de cette manifestation de la COVID-19?

Il existe de multiples théories sur les causes de la COVID-19 de longue durée, l’une d’entre elles étant que le SRAS-CoV-2 subsiste dans le corps de la personne atteinte à des niveaux faibles indétectables. Une autre théorie veut que puisque le SRAS-CoV-2 peut infecter une grande variété de cellules dans le corps, il peut déclencher une réaction immunitaire excessive, entraînant ainsi des dommages dans tout l’organisme. Selon l’état actuel des connaissances, les gènes pourraient fournir des éléments de réponse essentiels pour comprendre la façon dont chaque personne réagit à la COVID-19 à long terme. Une étude récente du Royaume-Uni révèle que les variants de cinq gènes clés sont responsables de symptômes associés à la COVID-19. Ces gènes et d’autres pourraient également être liés aux effets à long terme de la COVID-19.

Quelles sont les prochaines étapes pour combattre la COVID-19 de longue durée?

Pour mieux comprendre la COVID-19 de longue durée, les études à venir devront se concentrer sur l’identification des « marqueurs génétiques » qui s’y rapportent. La génomique peut jouer un rôle crucial dans l’identification et la prise en charge rapides des patients susceptibles de développer la forme longue de la maladie. L’initiative HostSeq de RCanGéCO, dont l’objectif est de procéder au séquençage des génomes de plus de 10 000 patients atteints de la COVID-19, compte parmi les initiatives canadiennes phares qui offriront des informations clés sur les effets à long terme de cette maladie débilitante et les façons de la gérer.


Le Réseau canadien de génomique COVID-19 (RCanGéCO) a pour mission de relever le défi de la COVID-19 en produisant les données accessibles et utilisables des génomes viraux et humains pour orienter les décisions stratégiques et les décisions en santé publique, et mettre au point des traitements et des vaccins. Ce consortium pancanadien est dirigé par Génome Canada, en partenariat avec les six centres de génomique régionaux, le Laboratoire national de microbiologie et les laboratoires provinciaux de santé publique, les centres de séquençage du génome (par le truchement de CGEn), les hôpitaux, les universités et l’industrie dans l’ensemble du pays.