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L'élimination de la corrosion

L'élimination de la corrosion

Des chercheurs en génomique de quatre universités canadiennes collaborent avec des collègues internationaux et industriels et mettent à profit la génomique pour enrayer la corrosion microbienne qui peut endommager les pipelines.

Depuis aussi longtemps que le transport par pipeline du pétrole et du gaz existe, des fuites se sont produites et ont engendré des coûts à la fois environnementaux et économiques. La dégradation du métal – ou corrosion – est la principale cause des incidents liés aux pipelines, car elle provoque environ 35 % des fuites des pipelines et coûte annuellement 2,5 billions de dollars dans le monde. 

Cette corrosion dépend d’un ensemble de facteurs internes et externes, mais la corrosion influencée par les microorganismes (CIMO) en représente 20 %. La génomique aide l’industrie à lutter contre la corrosion microbienne par une meilleure compréhension, atténuation et gestion du processus de CIMO. 

« La collaboration permanente des chercheurs et de l’industrie dans ce projet facilitera la transformation de nos résultats de recherche en pratiques concrètes de gestion de la corrosion influencée par les microorganismes dans les activités pétrolières et gazières. » 

- Lisa Gieg, Ph. D., professeure agrégée, Département des sciences biologiques à l’Université de Calgary

Lisa Gieg, professeure agrégée au Département des sciences biologiques de l’Université de Calgary, John Wolodko, professeur agrégé et président stratégique d’Alberta Innovates pour les biomatériaux et matériaux industriels à l’Université d’Alberta, de même que Faisal Khan, professeur et titulaire de la chaire de recherche Vale, Sécurité des processus et génie des risques, de l’Université Memorial dirigent le projet financé par Génome Canada.

Les directeurs du projet et leur équipe interdisciplinaire pourront enrayer les tendances à la dégradation causée par certains microbes et des chimies particulières qui créent la corrosion. Grâce au projet, les utilisateurs finaux de l’industrie pourront mieux prévoir où la corrosion microbienne se manifestera. La corrosion des pipelines est un thème important de la recherche, mais les travaux porteront aussi sur tous les points de contact entre le pétrole et l’acier dans l’extraction, la production et le traitement pour accroître la sécurité dans ce secteur d’activité.

L’équipe de projet examine également des questions qui se posent au carrefour de la génomique et de la société pour éviter les conséquences involontaires, cultiver les réussites et contribuer au rôle de chef de file que joue le Canada dans la bioéconomie mondiale du XXIe siècle. L’équipe étudie en particulier la prévalence de la CIMO au Canada et à l’étranger, la multidisciplinarité de la recherche sur le sujet, de même que l’application et l’adoption de nouvelles connaissances et technologies dans le secteur pétrolier et gazier.

Les principaux résultats du projet serviront à recommander des lignes directrices et des pratiques exemplaires à l’industrie pétrolière et gazière canadienne et internationale. « Au bout du compte, le projet déterminera les indicateurs de rendement clés, nécessaires à la modélisation et à la surveillance de la corrosion influencée par les microorganismes, de même qu’à l’optimisation des stratégies de traitement grâce auxquelles prévenir le problème ou le corriger », a dit Ken Wunch, Ph. D., responsable de la plateforme technologique en énergie de Dow Microbial Control.

Le projet de 7,9 millions de dollars, intitulé Gestion de la corrosion microbienne dans la production pétrolière extracôtière et continentale au Canada, est une collaboration de Genome Alberta, de Genome Atlantic et d’autres partenaires. Lancé en janvier 2017, il est l’un des 13 projets financés par Génome Canada dans le cadre du Concours 2015 : Projets de recherche appliquée à grande échelle – Les ressources naturelles et l’environnement : les solutions génomiques aux défis sectoriels. Ce programme de 110 millions de dollars met à profit la génomique pour résoudre des problèmes dans les secteurs canadiens des ressources naturelles et de l’environnement.

Août 2017