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Meilleure alimentation, meilleurs poissons

Meilleure alimentation, meilleurs poissons

Des chercheurs de l’Université Memorial, de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard et de l’entreprise aquicole Cargill Aqua Nutrition recourent à la génomique pour aider l’industrie de l’alimentation piscicole à mettre au point des aliments qui amélioreront la santé du saumon d’élevage et le protégeront contre les poux de mer et les virus et bactéries pathogènes.

Au cours des 20 dernières années, la production aquicole canadienne a plus que doublé et son activité économique annuelle atteint presque 3,1 milliards de dollars. L’industrie emploie maintenant quelque 15 000 Canadiennes et Canadiens et exporte 101 000 tonnes de produits alimentaires.

La santé du saumon d’élevage est toutefois continuellement menacée au Canada par les maladies infectieuses, dont celles que causent les poux de mer, les virus et les bactéries pathogènes.

« Ces projets de collaboration, réalisés avec le financement de Génome Canada, nous ont permis d’appliquer de toutes nouvelles données à des problèmes scientifiques dont la solution se serait fait attendre des années encore. Grâce à eux, nous avons pu mieux servir nos actionnaires, nos clients, les consommateurs canadiens et internationaux. »

- Richard Taylor, chercheur principal, Cargill Aqua Nutrition

La qualité des aliments peut influencer la santé des saumons. De meilleurs aliments peuvent en améliorer la santé, réduire le recours aux antibiotiques et améliorer leur taux de croissance. Jusqu’à maintenant, toutefois, les entreprises d’aliments aquicoles ne disposent d’aucun moyen pratique de mesurer le rendement des nouveaux aliments à part la pesée des poissons et de juger de l’efficacité de leurs aliments à part les taux de croissance.

Dans le cadre du projet financé par Génome Canada et intitulé Plateforme de biomarqueurs pour l’essor commercial des aliments pour poissons d’élevage, lancé en 2014, Matthew Rise, Ph. D., de l’Université Memorial, Richard Taylor, Ph. D., de Cargill Aqua Nutrition (division de Cargill qui a fait en 2015 l’acquisition d’EWOS, une entreprise d'alimentation des saumons) et d’autres collaborateurs travaillent à l’identification et à la validation des gènes du saumon liés à sa croissance afin de les inclure dans un panel de biomarqueurs. À partir d’un seul poisson, les chercheurs analysent l’expression d’environ 30 gènes liés à la réaction à la maladie et à la croissance pour déterminer les effets de divers aliments et ingrédients à l’échelle génomique. L’influence du régime alimentaire sur le métabolisme des lipides ou la réaction immunitaire aux antiviraux en sont des exemples.

Le processus de transformation de ces données en aliments de meilleure qualité n’a pas pour seul objet de stimuler l’immunité. Les biomarqueurs génétiques permettent aux chercheurs de suivre ce que chaque pathogène ou autre stimulus immunitaire fait au saumon et le traitement potentiel, lorsqu’il est ajouté aux aliments donnés au poisson. Dans le cas des infections bactériennes, par exemple, il est important de limiter l’inflammation chronique. Dans le cas d’infections virales, il peut falloir contrôler l’énergie digestible et ajouter des stimulants immunitaires.

Les outils génomiques mis au point dans le cadre de ce projet permettent à Cargill Aqua Nutrition, l’un des plus grands producteurs mondiaux d’aliments piscicoles, de déterminer à l’échelle cellulaire l’influence qu’exercent les aliments sur le poisson. L’entreprise peut aussi évaluer avec rapidité et exactitude l’influence de tout nouvel ingrédient au lieu d’attendre des mois pour que le poisson montre des changements perceptibles de taille.

Cette technologie aide Cargill Aqua Nutrition à améliorer ses formules alimentaires et à créer de nouveaux aliments de grande qualité. L’entreprise commercialise les nouveaux aliments au cours de la durée prévue du projet et de nouveaux produits suivront pro-bablement dans les prochaines années. Cargill Aqua Nutrition fournit environ 80 % des ingrédients alimentaires à partir du Canada et les vend ici au Canada, aux États-Unis, au Mexique et en Asie.

MM. Rise et Taylor ainsi que Mark Fast de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard et leurs collaborateurs ont ensuite reçu du financement pour un second projet du PPAG en 2016 : Gestion intégrée des agents pathogènes de co-infection dans le saumon atlantique. Ce projet utilise les outils et les connaissances acquis au cours du projet sur la plateforme des biomarqueurs pour mieux comprendre comment réagissent les saumons dans les situations très compliquées susceptibles de survenir dans les salmonicultures, soit l’exposition des poissons à plus d’un pathogène à la fois (co-infections).This academic–industry partnership will result in the increased sustainability of the Canadian salmon industry, the improvement of animal welfare in the aquaculture industry and the application of these same biomarkers to studies of wild salmon stocks.

Ce partenariat d’universitaires et de l’industrie accroîtra la durabilité de la salmoniculture canadienne, améliorera le bien-être animal en aquaculture et verra l’application des mêmes bio-marqueurs dans les études des stocks de saumon sauvage.

Les deux projets du PPAG – le projet de 3,8 millions de dollars, Plateforme de biomarqueurs pour l’essor commercial des aliments pour poissons d’élevage, et le projet de 4,5 millions de dollars, Gestion intégrée des agents pathogènes de co-infection dans le saumon atlantique – sont réalisés dans le cadre de partenariats de Genome Atlantic avec d’autres.​

Août 2017