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Changer la culture

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Des chercheurs montrent que la découverte de nouveaux
médicaments réside dans la recherche collaborative.

M. ALED EDWARDS a consacré les dix dernières années à une tâche que nombre de personnes considéraient comme impossible, à savoir convaincre des chercheurs du monde universitaire et de l’industrie pharmaceutique de collaborer, dans un réseau sans but lucratif et à accès ouvert, à la découverte et à la validation de cibles pour de nouveaux médicaments.

Selon lui, la mise en commun des ressources et la collaboration durant les étapes préliminaires de la mise au point de médicaments permettent d’éviter les dédoublements, d’économiser du temps et de l’argent, d’accroître les connaissances en biologie humaine et d’améliorer de façon spectaculaire les possibilités que les essais cliniques de nouveaux médicaments soient concluants. Un nombre croissant de chercheurs optent pour cette transformation radicale.

M. Edwards est professeur à l’Université de Toronto et chef de la direction du Consortium de génomique structurelle (CGS) issu d’un partenariat public-privé et qui vise à favoriser la mise au point de nouveaux médicaments par une recherche non concurrentielle. Neuf des plus grandes sociétés pharmaceutiques du monde en font maintenant partie. Leurs chimistes collaborent déjà avec quelque 200 chercheurs universitaires dans les laboratoires du Consortium à Toronto et à Oxford en Angleterre, à la détermination des propriétés de protéines associées à des états morbides. Cette information permet d’identifier des cibles potentielles pour des médicaments.

Les chercheurs du Consortium publient en moyenne deux articles par semaine dans des revues scientifiques. Les résultats ne sont pas gardés confidentiels jusqu’à la publication, mais font immédiatement partie du domaine public. « Le modèle fonctionne, explique
M. Edwards, parce que nous ne déposons jamais de demande de brevet ». À ce jour, les chercheurs ont identifié et cartographié la structure tridimensionnelle de 1 500 protéines humaines, et les résultats sont accessibles partout dans le monde.

Au printemps 2014, l’Institut et Hôpital neurologiques de Montréal (Neuro) a été le premier centre de médecine clinique à faire partie à part entière du Consortium. Selon Mme Viviane Poupon, directrice générale, Partenariats et initiatives stratégiques, les chercheurs du Neuro « sont inspirés par l’esprit de collaboration et le processus exceptionnellement ouvert ». Trouver de nouveaux médicaments pour traiter des conditions neurologiques est particulièrement difficile parce que le cerveau est extrêmement complexe. « Personne ne peut le faire seul. Sinon, cela serait déjà fait ».

Selon Mme Poupon, la synergie entre le Consortium et le Neuro a paru évidente dès le départ. « Tous deux partagent la vision de donner la priorité aux patients ».

Le Consortium de génomique structurelle est un chef de file mondial de l’innovation libre. Les rapports uniques entre les universitaires, les compagnies pharmaceutiques et les partenaires gouvernementaux et philanthropiques du financement ont abouti au lancement de plus de 15 essais cliniques en cancer et à la création de trois entreprises canadiennes jusqu’à maintenant. Le Consortium est considéré comme un modèle de collaboration universitaire-industrielle à l’échelle mondiale.

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