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Prévenir les AVC

Prévenir les AVC

Une analyse sanguine rapide aiderait les médecins à faire le tri parmi les patients pour que les bonnes personnes obtiennent le bon traitement au bon moment

Un mini AVC, qu’on appelle accident ischémique transitoire (AIT), est une urgence médicale qui survient lorsque le sang qui afflue au cerveau s’arrête pendant un court instant de l’irriguer. Un côté de votre corps peut soudainement vous paraître faible ou vous pouvez avoir de la difficulté à parler ou à comprendre ce qu’on vous dit. La bonne nouvelle, c’est que l’AIT ne cause habituellement aucun dommage permanent et qu’en fait, comme le dit l’adage, à quelque chose malheur est bon. En effet, le patient a ainsi la possibilité d’éviter un éventuel accident vasculaire cérébral (AVC) parce qu’il consulte immédiatement un médecin. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il n’existe pas de moyens simples et faciles de faire la distinction entre les 50 000 Canadiens qui arrivent annuellement aux urgences atteints de véritables AIT et le nombre égal de personnes qui se présentent avec des symptômes qui ressemblent aux AIT – par exemple, les migraines. Ces personnes peuvent être soumises à la radio-imagerie inutile dans leur cas et coûteuse, tandis que d’autres retourneront chez eux sans test diagnostique ni traitement pertinent.

« Malheureusement, il est vrai que nous ne parvenons pas très bien à gérer les AVC mineurs, dit le neurologue de Victoria, le Dr Andrew Penn. Le cerveau est le dernier domaine inexploré. » Dans quelques années seulement, toutefois, les hôpitaux de l’île de Vancouver pourront diagnostiquer des AIT un peu comme ils le font pour les crises cardiaques, grâce à un projet de recherche en santé personnalisée dirigé par le Dr Penn et financé par un octroi de 10 millions de dollars de Génome Canada, de Genome BC, de la Vancouver Island Health Authority et quatre autres partenaires. Une équipe multidisciplinaire de chercheurs éva-luera quelque 100 protéines à l’aide de la spectrométrie de masse pour déterminer les liens les plus forts avec les AVC; s’ils y parviennent, les cliniciens évalueront l’analyse sanguine multiprotéique et le logiciel connexe d’aide à la décision auprès de patients atteints d’AIT à Victoria et à Calgary. On espère que lorsque les médecins canadiens auront accès à cette technologie rapide et peu coûteuse, on réussira à éviter 4 000 AVC annuellement et à réaliser des économies de 210 millions de dollars en coûts directs de soins de santé seulement.